Le processus thérapeutique

“Notre vie, jour après jour, dépasse de beaucoup les limites de notre conscience et, sans que nous le sachions, la vie de l’inconscient accompagne notre existence” Jung – Ma vie.

Très souvent, la souffrance psychologique résulte d’un arrêt du mouvement vital. L’être qui souffre est freiné ou même bloqué dans son évolution naturelle. Il ne sait plus quelle direction prendre. Cette immobilisation psychologique ou existentielle entraine une concentration d’énergies vitales inutilisées, qui tentent de s’épuiser dans les symptômes quels qu’ils soient, et qui appellent cette partie de l’homme qui s’est perdue en chemin.

L’analyse Jungienne considère que les difficultés rencontrées sur le chemin et le destin dépendent de la mise en rapport de l’homme avec son inconscient. L’homme qui souffre est un homme qui a perdu son chemin propre du fait d’une dissociation entre la conscience et l’inconscient.

L’inconscient, c’est tout ce qu’on ne connait pas, tout ce qui est encore ignoré. C’est aussi la base vivante de notre conscience et la source des images archétypiques et transformatrices. L’analyse Jungienne envisage l’inconscient comme le siège d’une grande sagesse et l’organisateur du déploiement naturel de la vie de l’individu.

« L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert » 

Alfred de Musset

Les souffrances psychologiques et malaises existentiels peuvent survenir très brutalement, comme un coup de tonnerre dans un ciel radieux, et s’exprimer de manière aigue comme dans le cas de burn-out, de deuils, de trauma ou de ruptures violentes.

La souffrance peut également apparaitre sous la forme de séquences qui se répètent inexorablement au cours de l’existence, de mises en relation qui se réitèrent conduisant à chaque fois aux mêmes échecs.

Mais souffrances et malaises peuvent également se développer sournoisement avant de devenir chronique et même prendre la forme de symptômes psychosomatiques. Parfois la souffrance peut être vécue durant de longues périodes avant de mener à une recherche d’évolution comme dans le cas de perte d’énergie sans raison apparente, de dépression chronique, d’angoisses, de malaises relationnels

Au centre de toute cette symptomatologie psychologique se situe toujours la souffrance d’une âme qui recherche dans l’ombre le sens qui lui fait défaut.

L’homme n’est pas fait pour le malheur. La souffrance n’est pas une fatalité mais une opportunité de croissance à saisir. Elle peut conduire l’homme vers une meilleure connaissance de lui-même et vers ce qui lui convient réellement. Elle est la promesse d’un ciel plus radieux pour tous ceux qui osent courageusement tourner leur regard vers eux-mêmes.

« J’ai fait dans ma vie des rêves dont le souvenir ne m’a plus jamais quittée et qui m’ont transformé. Il se sont infiltrés en moi, comme le vin dans l’eau, et ont altéré la couleur de mon esprit » Emily Brontë, les hauts de Hurlevent

La démarche Jungienne vise donc à remettre en marche le processus vital individuel, notamment par l’écoute de l’inconscient au travers des rêves.  La remise en route du dialogue entre la conscience et l’inconscient est un phénomène progressif qui se construit au fil des séances comme se tisse la tapisserie au fur et à mesure du passage du fil dans la trame. Dans ce processus de dialogue apparait petit à petit un progrès vers un but, indépendant des conditions extérieures. Petit à petit, car il s’agit d’une voie longue et tortueuse, se révèle le sens des souffrances expérimentées.

Le dialogue entre la conscience et l’inconscient est la base même de ce que l’on désigne généralement par la « connaissance de soi ». Le résultat du travail analytique, pour autant qu’il soit mené avec engagement et avec rigueur, se traduit toujours par une croissance intérieure et un apaisement de l’âme. En effet, il n’y a rien de plus douloureux que de souffrir sans en comprendre le sens!

L’homme libéré des projections néfastes est capable de reprendre sa route naturelle et de méditer son chemin propre. La souffrance se transforme en liberté de choisir.